Besoins divers
Besoin du froid, du réchauffement à chaleur animale.
Besoin du noir, et cette obscurité venteuse des fins d'après-midi venteuses un peu lugubres.
Besoin de soir.
Perdre mes mains peu à peu, et mes lèvres et mes joues, pétrifiées. N'être plus rien que ces yeux qui pleurent un peu du vent, ces cheveux qui me griffent par moments, ce corps gourd et un peu lent. L'esprit se retire doucement. Difficultés à parler.
Envie de noir épais et froid, envie de n'être plus trop moi, et surtout pas, encore moins là.
Envie de se cloîtrer derrière des murs épais, observer la vie au dehors, même pas la vie d'ailleurs, juste les phares et les silhouettes passantes pressées, engoncées.
Séparée d'une vitre et de silence ; peut être un vague fond de musique.
Je n'aime pas la moiteur tropicale, chaleur solaire plombant l'air, prenant, collant et étouffant.
Je n'aime pas les fenêtres ouvertes sur cette chaleur et ce bruit, luxuriance de la vie.
Les cris d'oiseaux sur les toits, dont il n'est pas moyen de se couper ; ceux là n'ont pas de chant, mais des piaillements, croassements âpres ou perçant.
Besoin d'étendues arides, presque désertiques même. Qu'elles soient de pierres ou de bitume, de terre ou de ciment.
Mais pas de ce vert, de cette mer. Couleurs trop fortes pour un besoin d'épurer.
Fatiguée de ce monde tropical qui entre à flot par les fenêtres toujours ouverte, cet assaut d'un monde bruyant et coloré en mon besoin intimité, désireuse de sobriété.