Rejet

Samedi 24 octobre 2009

Ni souvenir d'après-midi ni de fou-rires complices. Pas d'éclate en boite et pas de cuites en soirées. Pas de danses et rien d'intense. Ni ami d'enfance ni retrouvailles quotidiennes souriantes. Ni bouffes sympas ni coup de fils interminables. Ni confidences ni conseils.

Mon ballet s'effectue en solo, et mes sorties par amis interposés, quand une connaissance daigne, ou pense à m'y inviter. Mes journées se passent en silence, mes soirées cloîtrées, mes week ends en famille.

Un jour on croise dans le bus des lycéens qui se marrent et on se demande comment on a fait, merde quoi, pour jamais en être. Un jour on termine sa laborieuse journée et l'oreille accroche les conversations d'autres étudiants ; on songe qu'à âge égal, merde tout ce qu'on a manqué !

On ne revient pas en arrière et tout ne peut pas se rattraper.

 

Est-ce ma faute si je ne vous aime pas ? Sans doute un peu, c'est certain. Il me coûte de cultiver la relation avec quelques uns que je n'apprécie pas. Il me coûte plus encore de ne fréquenter personne, mais le mode d'emploi s'est un peu jauni avec le temps et je ne sais plus trop où il est passé.

 

Et si vous ne... L'inverse est plus pathétique encore et par trop larmoyant. J'ai des mouchoirs à portée de main et préfère croire encore en mon incapacité à trouver ces gens biens, avec qui s'entendre et se fréquenter.

 

Quelques uns arrivent. Le solo s'est fait duo, un temps. Vrai que le net facilite les échanges et certaines rencontres virtuelles. A croire que là je me débrouille presque un peu. Je séduis par écran interposé, mais rarement ceux qui me plairaient !

Rarement, ce n'est pas jamais. Ce n'était évidemment pas parfait ; j'apprends progressivement qu'il paraît que ça ne l'est jamais.

 

Le duo permettait de sortir un peu. Voir ses amis, c'était toujours voir du monde où j'étais acceptée, légitime sinon attendue ou vraiment appréciée -et réciproquement m'étaient-ils.

Le voir c'était parler, de rien bien sûr -en cas contraire, c'aurait peut être un peu plus longtemps collé- ; de tout ce qui fait le quotidien et les échanges légers.

 

Une histoire d'amour et aucune d'amitié. Sans doute pour ça qu'il m'est si difficile de mettre un terme à la première. Quand on vit socialement par procuration, faut pas rompre c'est trop con.

Ou accepter d'être doublement seule. Comme avant.

 

Bien pire qu'avant.

Par Gabrielle
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Samedi 25 avril 2009
Lasse aussi de ces corps de femme exposés, étalés, bradés partout à nos regards. Pour une femme imposée, j'aimerais un homme à coté, une femme soldée un homme offert avec.
Pour un galbe de poitrine vantant le premier produit du plus lointain rapport, un torse aussi dénudé ; et ces silhouettes, publicitant de leurs corps et de leurs formes, je les veux hommes et femmes, androgynes ou génitalité exacerbée.
Pour une voix qui se pâme devant les courbes des femmes, qui chante en leur hommage et le rend à leur beauté, j'en veux autant à votre adresse messieurs. Les unes ne sont pas plus belles que les autres, pourquoi nous réserver l'exposition et les peintures, les odes et les chants de biture ?
Par Gabrielle
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