Adressé

Vendredi 7 novembre 2008
Pour A.

C'est vrai qu'il est agréable. Retrouver ses bras, retrouver sa voix, ses mots dont on sait qu'ils ne valent rien, mais qui, sur le coup, font tant de bien.
Se retrouver deux.

Je sais ta solitude, je sais ce que l'on peut en venir à faire pour y remédier, ne serait-ce qu'un moment. Je connais quand l'instant surpasse le fondement, quand le moment fait assez de bien pour s'interdire de songer à l'après, s'interdire de songer aux regrets qui viendront avec, s'interdire de songer à rien d'autre que la chaleur, la présence.

Même si flotte toujours, bien que renié, bien qu'évité, la conscience au delà du moment, la certitude douloureuse que ce n'est ni bon ni raisonnable...

Juste agréable, cet agréable doux-amer, qu'on regrettera après.. Et pourtant, tant que ça ?
Je sais le regret, olus douloureux encore qu'il ne l'est pas tant que ça, regretté... Que même après coup l'agréable le valait, tant pis pour le prix à payer.
Même si c'est pire après, peut être est-ce un mal plus facile, plus aigü et plus cruel, mais ressentir c'est vivre, sentir et espèrer, encore, peut être... Sentir c'est aussi se sentir vivant, se faire mal en se faisant bien, c'est toujours un peu de bien.

Je connais ta solitude, je connais le desespoir, le mot est mal choisi, c'est d'espoir qu'il faudrait parler, de nostalgie de ces moments passés, qu'on aime à faire revivre, à peine un instant, comme secouer un vieux vêtement pour y retrouver son odeur.

Je connais ta douleur, la sourde qui monte en aïgus comme la violente pointue. Je connais et pourtant, je suis ici l'attache inébranlable, l'insensible qui t'interdit d'y retourner, de retenter, de te laisser tenter.
Je connais ta douleur, mais doit être celle qui agit et conseille comme si, comme si je ne savais rien, comme si je ne ressentais rien, que ta douleur se brise sur des conseils, en place de te briser toi...
Par Gabrielle
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mardi 15 janvier 2008

N.

 

Te dire. Te dire me peurs et mes angoisses, mes douleurs intérieures, mes bonheurs, te dire ces impressions qui passent... Ou pas.
La plus forte souvent, mélangeant peur et douleur, qui me ronge trop souvent sans remède trouvé.

Te dire le désir. Désir de toi, de tes sourires comme de tes bras, de ton corps comme de tes mots.
Désir de plaire, aussi. Désir de briller dans tes yeux, de compter pour toi, vanité banale et assumée.
Te dire le plaisir. Plaisir physique de nos corps, plaisir tendresse d'un murmure de toi, plaisir de tes regards.
Narcicissme d'apparaitre dans tes yeux qui font un plus beau miroir.

Te dire la peur. La retenue, la réserve, avec ou sans toi. Te dire c'est ainsi pour tous, alors mesure un peu pour toi. Te dire la souplesse, l'adaptation, l'observation. Te dire l'inhibition, l'absence totales d'initiatives, quitte à en louper de belles. Te dire la peur de réveler, quoi que ce soit qui déplairait, qui tâcherait. Te dire la peur de contrarier, et plus encore de décevoir, vieilles angoisses insurmontées. Te dire leur origine sans doute, cette peur si longtemps portée, sur laquel j'ai trouvé un nom. Peur du rejet.

Te dire ces murs, si longuement bâtis et cimentés autour de moi ; leur opacité, ce refuge, nid d'aigle à mes sentiments retranchés. Te dire la difficulté à les abattre quand bien même on serait deux à s'y cogner, la facilité à les cacher, en apparence du moins. Te dire ce flou qui m'isole et me protège, qui m'aveugle et m'enlève.
Te dire la difficulté à t'aimer, l'incompréhension d'être aimé. Te dire le refuge de la tranquilité solitaire et la légèreté du flirt. Te dire la difficulté à m'attacher, et cette image peu à peu bâtie de l'intouchée parce qu'intouchable, du jamais grave, façade lisse jamais marquée durablement.
Te dire la confusion du nous, la difficulté à l'énoncer, à m'y lancer. Te dire cette impression étrange d'être ensemble.
Pas différent, pas cet orgueil commun à bien des amants. Bien plus égoïstement, te dire l'étrangeté de me lier.

Te dire cette crainte, en me livrant de t'inonder, de faire trop. Te dire la difficulté à me livrer, la peur des digues et me retrouvée emportée, la peur, la peur et le désir mêlé.




Ne rien te dire.
N'être que sourires et silences, profiter de tes bras quand ils sont là, espérer parfois que je m'y lance.
Tenter parfois, du bout des lèvres, ou des doigts sur le clavier. Recevoir tes mots, rassurants mais distants.
Je n'attend pas de toi que tu ressentes le même ; je prend ta main qui me tire un peu plus haut, je prend tes bras comme écran à mes peines, et toi comme oubli, comme aubaine.

Par Gabrielle
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Catégories

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés