C'est vrai qu'il est agréable. Retrouver ses bras, retrouver sa voix, ses mots dont on sait qu'ils ne valent rien, mais qui, sur le coup, font tant de bien.
Se retrouver deux.
Je sais ta solitude, je sais ce que l'on peut en venir à faire pour y remédier, ne serait-ce qu'un moment. Je connais quand l'instant surpasse le fondement, quand le moment fait assez de bien pour s'interdire de songer à l'après, s'interdire de songer aux regrets qui viendront avec, s'interdire de songer à rien d'autre que la chaleur, la présence.
Même si flotte toujours, bien que renié, bien qu'évité, la conscience au delà du moment, la certitude douloureuse que ce n'est ni bon ni raisonnable...
Juste agréable, cet agréable doux-amer, qu'on regrettera après.. Et pourtant, tant que ça ?
Je sais le regret, olus douloureux encore qu'il ne l'est pas tant que ça, regretté... Que même après coup l'agréable le valait, tant pis pour le prix à payer.
Même si c'est pire après, peut être est-ce un mal plus facile, plus aigü et plus cruel, mais ressentir c'est vivre, sentir et espèrer, encore, peut être... Sentir c'est aussi se sentir vivant, se faire mal en se faisant bien, c'est toujours un peu de bien.
Je connais ta solitude, je connais le desespoir, le mot est mal choisi, c'est d'espoir qu'il faudrait parler, de nostalgie de ces moments passés, qu'on aime à faire revivre, à peine un instant, comme secouer un vieux vêtement pour y retrouver son odeur.
Je connais ta douleur, la sourde qui monte en aïgus comme la violente pointue. Je connais et pourtant, je suis ici l'attache inébranlable, l'insensible qui t'interdit d'y retourner, de retenter, de te laisser tenter.
Je connais ta douleur, mais doit être celle qui agit et conseille comme si, comme si je ne savais rien, comme si je ne ressentais rien, que ta douleur se brise sur des conseils, en place de te briser toi...