Ce rêve bleu, gnagnagna

Publié le par Gabrielle

J.

Plus à Tahiti mais pas en métropole, j'ai fini par retrouver une infime trace de toi. Dans d'autres îles apparemment. Coup de blues, coup au moral.

Si tu savais comme je t'ai aimé. Avec toute la fureur de l'instabilité, avec toute l'ardeur des romantiques éplorées. Si tu savais comme... J'ai aimé l'image que j'avais de toi, d'autant plus facile à apprécier que tu n'étais si rapidement plus là pour l'actualiser.

J'ai aimé le verni de ton détachement, de l'esprit vif et de ta différence ; deux popa'a chez les tinito. Bien sur j'ai vite effacé ta rébellion immature et ton jmenfoutisme pitoyable.

J'ai aimé tes yeux et tes boucles, bad boy chez qui je m'illusionnais d'une intelligence et d'une sensibilité à trouver.

J'ai espéré te recroiser ; passive et sans oser l'initiative. Crois moi si c'était à refaire j'irais flirter là bas dans les couloirs peints en jaune, là bas sur la ballustrade gardant cette fête qui ne m'avait fait que prendre plus de distance encore avec celles qui m'avaient accueillie comme amie.

Si tu savais combien j'étais exaltée.

 

On n'avait rien en commun, moi l'intello stressée coincée, toi le cancre emporté par un grunge à la locale. On n'avait rien en commun que l'ennui en cours qu'on traduisait si différemment, que l'ennui en classe avec la plupart des jeunes qui la composaient.

 

On n'avait rien en commun et toujours aussi peu aujourd'hui. Reste une trace qui a cramé mon esprit détraqué sur les questions du coeur.

Tel le scribe dont la main gauche ignore ce qu'écrit la droite, le corps couche tandis que l'esprit rêve et refuse de s'engager à nouveau. Il reste coincé dans ces illusions anciennes qui se sont bonifiées avec le temps : plus leur support dans la réalité s'éloigne, et plus elles se magnifient, se cisèlent et s'enflamment. Si tu savais tous les films que je me suis fait.

 

Mais je croupis ici et ne rêve plus, gardant d'autant plus précieusement les songes anciens. Quand tu exposes encore ta rébellion aux vagues d'un autre océan et d'autres plages, plus loin que jamais toi que je n'ai fait qu'un court instant effleurer -mais ça a suffit pour espérer.

Publié dans Adressé

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