Au fil du fleuve sauvage : d'Orléans à Blois

Publié le par Gabrielle

 

La semaine dernière, j'ai réalisé un projet né il y a quelques années, alors que je suis tombée par hasard (sur le set de table d'une pizzeria) sur une publicité vantant le balisage prévu le long de la Loire. Lié au projet EuroVelo 6, est né l'idée de la Loire à vélo.

Il s'agissait de prévoir et aménager un itinéraire balisé, de Nevers à l'océan, le long de ce fleuve trop capricieux pour être correctement navigable, dont toute une partie est classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Ca tombe bien, je viens de là, du Val de Loire et ses châteaux royaux.

 

Des kilomètre de piste cyclable, tentant d'être le moins souvent possible sur une route partagée par les voitures.

Alors ce fut vite fait : deux soeurs, deux vélos, une remorque. Parce que nous n'avions pas trop de sacoches et parce que, surtout, nous voulions être capables d'emmener avec nous le chien de la famille, athlète accompli mais aux pattes un peu courtes pour courir aussi longtemps que nous comptions rouler (peu ! mais tout de même).

 

Ce fut magique ! J'en rapporte des coups de soleil, des griffures aux jambes et un peu de vide dans mon porte-monnaie.

Mais aussi des paysages magnifiques, un amour infatigable pour ce pays d'adoption, un émerveillement quotidien pour ses merveilles.

Il y eu le premier après-midi, la route partant d'un peu avant Orléans : du terrain connu, battu et rebattu par mes semelles et mes roues, par les pattes de la chienne toujours partante pour sortir.

Mais passé Orléans, l'aventure ! Déjà passant sur l'autre rive, peu connue puisque les ponts sont presques rares sur la Loire. Et surtout, quittant la route pour la levée, cette digue qui serpente pour prévenir les crues du fleuve, c'est une succession de petits villages, aux noms plus ou moins familiers ("mais oui, mon pote de la musique habite ici !").

D'anciennes fermes magnifiques et des lotissements tout neufs. Et la Loire, la Loire, tranquille et magique.

 

Loire à Vélo, il nous fallait donc rouler. Mais également petites vacances entre soeurs, tourisme tranquille et bavardages. Sans compter qu'il est impossible de filer tout droit sans s'arrêter, quand on longe tant de beautés !

Et n'oublions pas que nous sommes loin d'être des sportives accomplies... Heureusement, la Loire a priori c'est tout plat !

 

Un arrêt à Meung sur Loire en fin d'après midi, pour jeter un oeil à la ville, s'assoir sous les halles et s'étaler sur une pelouse. Mais pour la nuit ? Nous voilà reparties, sur les conseils d'une passante, nous assurant d'un camping à Beaugency.

C'est un peu avant la ville, que nous ne souhaitions pas traverser, que l'on décide plutôt de bivouaquer.

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Le chien découvre la tente, avec quelques difficultés à comprendre cette étrange promenade où nous ne rentrons pas à la maison -au moins à une maison, habituée qu'elle est à nous suivre partout chez les uns et les autres- pour la nuit. Elle comprendra vite l'intérêt d'une prairie la nuit, quand elle est libre d'aller au milieu de toute la vie nocturne.

 

Le lendemain départ tranquille, nous espérons faire route vers Blois (une quarantaine de kilomètres, autant que la première étape). Des chemins et des sous-bois, pratiques pour éviter le soleil... Qui n'est cependant pas au rendez-vous : on sort les anoraks avant d'être trempées par la pluie et roule !

 

En début d'après-midi c'est l'arrivée à Blois : pas bien vite me direz-vous, il faut dire que l'on trainasse quand la chienne court... Et que, malgré le franc succès de la remorque, j'ai un peu peur d'abimer mon vélo en la tirant trop souvent, ayant déjà en charge les bagages.

Si un expert en vélo passe par ici, combien on peut espérer tracter avec un VTT amateur pas forcément terrible sans risque de l'abimer ? (je dispose d'un Rockrider 6.2 qui doit avoir quelques années, trouvé en plutôt bon état dans un tas d'encombrants attendant le passage des poubelles).

Tout ça pour dire qu'on roule peu ou du moins lentement. On en profite pour causer, rire de tirer le chien quand on croise des randonneurs tirant leurs enfants : chacun sa croix !

 

Blois, que je ne connaissais pas, s'avère très jolie : nombreuses maisons anciennes très bien restaurées, château tout simplement royal et pas mal de rues piétonnes. Un peu trop chic à mon gout tout de même, comme l'impression qu'en centre-ville ne résident qu'une population aisée : pas très accueillant, peu chaleureux.

Du coup on décide de s'y poser pour deux nuits, histoire d'avoir le temps de la visiter bien le lendemain.

L'après-midi, on tourne tranquillemnt à pieds autour du camping, allant découvrir un village minuscule et non loin, chippant des pommes dans des jardins et vergers abandonnés, dévalisant de leurs mûres les ronces du chemin : goûter sauvage après le pique nique sous la pluie, le soleil revenu dans l'après-midi.

 

Le château représente tous mes étés d'enfance, trainée dans les batisses du Val de Loire : pierre blanche de tuffeau, salamandre et porc-épics s'intercallant avec les chiffre de tous les rois de la Renaissance et d'après...

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D'étranges choses aussi, comme cette collection de gargouilles descendues de leurs toits, s'exposant à hauteur de regard. Ou ce "violon décoratif" en faïence, qui m'a laissée un peu perplexe je dois l'avouer...

 

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En sortant, sur la place devant le château, étrange surprise : du bâtiment d'en face, surgissent d'étranges bestioles qui s'agitent au son d'une musique un peu angoissante, ponctuée de leurs cris.

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Durant quelques minutes, ils remuent et menacent, avant de rentrer tranquillement d'où ils viennent : nous venons de tomber sur la maison de la magie, en partir contruite en l'honneur d'un illusionniste célèbre (?) né à Blois : Jean-Eugène Robert-Houdin, non pas Houdini mais qui l'inspira jusque dans le choix de son nom.

De jolies expositions, une salle sympathique proposant de nous confronter à des illusions d'optique et de petits jeux (voir les deux visages dans un dessin, etc etc) : agréable sans être absolument incontournable, mais très abordable si vous comptez visiter le chateau, du fait des billets combinés.

 

Dans la ville, bien des jolies choses à voir :

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Les pans de bois sont rois, superbement conservés, concernant majoritairement des maisons particulières, toujours habitées.

 

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Des musées ? Allons bon, tout juste une façade et la courette de quelques appartements, ayant gardé quelques décors d'époque !

Publié dans Escapade

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